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12 décembre 2016
Son Excellence Mgr Ernest Ngboko, clôture l’année jubilaire de la Miséricorde par une lettre pastorale intitulée « Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68. Il veut, dans ce message, remercier le Seigneur pour tout ce qu’il a fait pour chaque fille et fils du diocèse, et confier à sa miséricorde infinie l’avenir du Diocèse. Ces réflexions soulignent sa satisfaction concernant tout ce que chacun fait pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ dans le contexte difficile que passe l’Église particulière de Lisala. Mgr  l’évêque insiste sur de nouveaux efforts à fournir par tous, pour relever les défis de la pauvreté, de la division, de l’exclusion et de l’incurie qui constituent encore des obstacles majeurs dans l’annonce de l’Évangile.
11 décembre 2016
Mardi 8 novembre 2016, le diocèse de Lisala est en deuil. L’Abbé Guillaume MOGAGA n’est plus. Le Révérend Abbé Guillaume MOGAGA est né le 07 avril 1933. Après les études
11 décembre 2016
En cette année de miséricorde, le clergé de Lisala s’est réuni autour de son évêque, Son Excellence Mgr Ernest NGBOKO, du 18 au 24 août 2016, pour la retraite
11 décembre 2016
1966 – 2016, jour pour jour,  la Congrégation des Sœurs de Sainte de l’Enfant Jésus de Lisala célèbre ses 50 ans d’existence. Fondé le 5 octobre 1966 par Son
11 décembre 2016
Extrait de l’homélie de l’Abbé Pierre Akuma, pendant la concélébration eucharistique vespérale (Texte original en lingala), Mbandaka, vendredi 11 mars 2016, cathédrale

Né le 20 juin 1937 à Mankanza du père NKINGA Tite (décédé) et de la mère MABULU Marie Hélène (décédée).

I. Formation

École maternelle: Quelques jours chez les F.M.M.

École primaire: à Mankanza

École secondaire: Petit Séminaire de Bolongo (1953-1960)

Noviciat et philosophie à Katoka (Luluabourg-Kananga: 1960-1963)

Théologie à Bruxelles et à Jambes (Belgique) (1963-1967)

Ordination sacerdotale (07/08/1966) à Bruxelles

Item fulltext

II. Vie missionnaire

Au Cameroun:

1967-1971: Vicaire puis curé

1971-1973: Études universitaires à Bruxelles (Licencié)

1973-1974: Curé doyen à Nkolve

À Kinshasa:

1974-1977:

Vice-directeur puis Directeur de l'Institut Supérieur des Sciences Religieuses de Limeté / Kinshasa.

Membre du Collège des consulteurs

Membre de la Commission de catéchèse

Membre de la Commission des extensions des paroisses

Aumônier spirituel des Sœurs Thérésiennes de l'Enfant Jésus de Kinshasa

Vice-provincial C.I.C.M de Kinshasa

1977-1980:

Provincial C.I.C.M. de Kinshasa

Président de l'USUMA / Kinshasa

Membre de la Commission biblique œcuménique

04/05/1980: Ordination épiscopale à Kinshasa par le Pape Jean-Paul II

Au Kasaï:

1980-1996: Évêque de Kole (chargé des Séminaires de la province ecclésiastique de Kasaï)

1984-1988: Administrateur apostolique sede plena à Luebo

À l'Équateur:

1996: Évêque Coadjuteur à Lisala

1997 à nos jours: Évêque titulaire de Lisala (chargé de la Vie consacrée dans la Province ecclésiastique de Mbandaka

2007-2010: Administrateur apostolique sede vacante de Molegbe.

III. Signification des armoiries

In Caritate Unitas, Unité dans la Charité. Sur le blason figure un cœur de couleur rouge, entouré des maillons d’une chaîne, au centre des lignes de toutes sortes et au milieu d’une croix.

L’unité du diocèse, voilà l’objectif, une unité dans l’Amour, le respect des diversités et à travers les sacrifices inévitables. Mais le tout sur un fond vert, couleur et symbole de l’espérance.

 

Fils de parents païens, Mgr Louis Nganga a Nzando fut le premier évêque autochtone du diocèse de Lisala.

Maman Likombe était la troisième des sept épouses légitimes de Papa Nzando, membre du clan Bondongo, dans le Groupement Bwela. Grand notable, conseiller très écouté et juge Doko à Makomu, fort remarquable par son intégrité morale, Papa Nzando avait hérité coutumièrement de ses frères défunts deux femmes, tandis que lui-même en avait doté en bonne et due forme cinq autres. De son épouse Likombe il avait eu trois garçons : Nzili, Nganga et Ngonzi.

Nganga était particulièrement attaché à sa mère, à tel point qu’il lui rendait les services qu’une fille de village rend normalement à sa maman. Cette affection, doublée d’un dévouement profond et exemplaire, portait la troisième épouse de Nzando à croire que son enfant ne pourrait jamais songer à s’éloigner d’elle.

Né vraisemblablement en 1923, à Ndeke-Mabela, à 37 km de Lisala, le petit Nganga menait,  – comme les autres garçons de son milieu –, la vie ordinaire et simple de type rural sous tous ses aspects. Une vie partagée entre les travaux champêtres, la pêche, la chasse, la recherche de champignons, de chenilles, d’escargots, de « kalo » (« soldats » noirs des termitières), la cueillette de fruits et légumes sauvages ainsi que les loisirs.

À l’école succursale de Ndeke-Mabela

Après deux ans environ de séjour à Sambo, Angboli-Nganga alla un jour revoir ses parents au village natal. Il s’y rendit en compagnie de Maman Ndombi. De son propre gré, il demanda à sa « mère adoptive » et obtint d’elle la permission de se faire inscrire momentanément à l’école primaire de Ndeke-Mabela, alors établie et fonctionnant au même endroit que celle qu’on y voit aujourd’hui, c’est-à-dire à côté de la chapelle catholique. Elle comportait deux ans d’études. Son moniteur s’appelait Grégoire Mobonde, fils du terroir..

À l’école succursale de Ndeke-Mabela

Après deux ans environ de séjour à Sambo, Angboli-Nganga alla un jour revoir ses parents au village natal. Il s’y rendit en compagnie de Maman Ndombi. De son propre gré, il demanda à sa « mère adoptive » et obtint d’elle la permission de se faire inscrire momentanément à l’école primaire de Ndeke-Mabela, alors établie et fonctionnant au même endroit que celle qu’on y voit aujourd’hui, c’est-à-dire à côté de la chapelle catholique. Elle comportait deux ans d’études. Son moniteur s’appelait Grégoire Mobonde, fils du terroir.

Mgr Nganga continue à en garder un vivant et affectueux souvenir : « Je reste reconnaissant envers mon moniteur Grégoire, jusqu’à sa vieillesse. Il était fier à mon sujet, surtout quand il me vit prêtre et évêque … Merci, feu Grégoire ».

Au catéchuménat d’Umangi

Reconnaissant à un titre spécial, Mgr Louis Nganga l’est aussi envers Dieu qui l’a orienté vers l’initiation à la foi catholique. À ce sujet, en décembre 1932, le Père Oscar Van Besien CICM, alias « Sango Engbondoko », alors prêtre itinérant à travers les villages de la mission catholique Saint- Pierre d’Umangi, était de passage à Ndeke-Mabela. Angboli-Nganga figurait parmi les garçons encore païens qu’il avait trouvés dans cette localité et qui avaient répondu avec succès aux questions qu’il leur avait posées  sur le catéchisme. Il dut donc interrompre sa première année d’études primaires pour aller au catéchuménat d’Umangi avec les autres adolescents.

À l’époque, la période préparatoire au baptême s’appelait « Etumbu ya Komunyo ». Elle était un temps de dure épreuve comportant des moments de formation religieuse  et chrétienne et de travail manuel au profit du poste  de mission ainsi que la vie d’internat, où il fallait se prendre, en partie, matériellement en charge, soi-même et en équipe, en « moto » (foyer). À la fin, les catéchumènes étaient soumis à un test d’évaluation de leurs connaissances religieuses et chrétiennes. Ceux et celles qui passaient avec succès cette épreuve étaient admis au baptême et à la première communion. Il est aussi à signaler que ceux qui avaient été baptisés en leur enfance au village passaient également à Umangi un certain temps, mais moins long que celui des catéchumènes païens.

Toutes les personnes qui ont connu jadis le mode de vie de catéchuménat s’accordent pour avouer, avec Mgr Nganga, qu’il était bien dur : « On maigrissait, on tombait malade, certains s’enfuyaient. C’était une école de courage, d’endurance, de détermination, d’ascèse, de débrouillardise, d’initiative, de personnalité, etc. ». Façonné et aguerri par ce type d’école pendant six mois, le deuxième fils de Maman Likombe fut baptisé sous le prénom de Louis, le 13 juin 1933. Son nom est inscrit au numéro 13 043 du registre des baptêmes de sa mission d’origine. Le néophyte reçut la première communion le lendemain de son incorporation dans l’Église catholique. Puis, comme il affirme lui-même, il rentra « heureux et fier en famille à Ndeke-Mabela ». Et là, renchérit-il, « On n’a pas manqué de me préparer une poule après cette épreuve que j’ai traversée victorieusement … Mais, pour moi, le plus important est que cette épreuve soit le symbole de la Croix que je dois porter à la suite du Christ afin d’arriver à fêter éternellement avec Lui la fin eschatologique ».

Au séminaire (1937-1951)

Le 24 août 1937, Denis Ebene, Paul Ebenga, Louis Nganga et Louis Sabutu foulaient ensemble le sol tant rêvé de la « Colline inspirée » de Bolongo Notre-Dame de Grâce. Selon une tradition de cette maison de formation, le Père Directeur, Aloys Vanhouteghem (1936-1939), écrivit au tableau noir de la salle d’études une double question à laquelle les nouveaux venus devaient répondre par écrit : « 1. Qu’êtes-vous venu faire au Petit Séminaire ? 2. Pourquoi ? »

Louis Nganga formula sa réponse en ces termes : « 1. Je suis venu au Petit Séminaire pour devenir prêtre. 2. Pour servir Dieu et sauver les âmes ». Manifestement, par la suite, il prit garde de démentir cette déclaration écrite d’intention. Car, au Petit Séminaire, il fit preuve de détermination personnelle à  poursuivre sa formation sacerdotale, même après le départ de Bolongo de ses anciens condisciples d’Umangi, respectivement Louis Sabutu le 10 juillet 1940, Denis Ebene le 4 août 1942, et Paul Ebenga le 23 mai 1943. Quant à son demi-frère Dominique Eboma, il avait aussi déjà quitté le Petit Séminaire, le 9 août 1939 ; son cousin germain Dominique Nzando n’y resta que de 1938 à 1941.

Par ailleurs, toutes les autres épreuves que Louis Nganga connut en tant que petit séminariste, d’août 1937 à décembre 1943, n’ébranlèrent pas ni n’obscurcirent, ni n’éteignirent son idéal de vie. « Je peux dire, déclare-t-il, de ma vie au catéchuménat à Umangi ce que je dis de ma formation à l’école primaire d’Umangi et au Petit Séminaire de Bolongo : après être passé par ces milieux-là, aucune difficulté ne m’abattra nulle part ». Sous ce rapport, Mgr Louis Nganga aime volontiers citer Ph 4, 11b-12 : « J’ai appris à me suffire en toute occasion. Je sais me priver comme je sais être à l’aise. En tout temps et de toutes manières, je me suis initié à la satiété comme à la faim, à l’abondance comme au dénuement ».

Les épreuves ainsi vigoureusement et lucidement endurées par le séminariste Nganga allaient de pair avec les consolations qu’il expérimentait de diverses manières. À titre d’exemple, il bénéficiait entre autres du soutien moral et spirituel de plusieurs personnes, dont un ancien Scheutiste d’Umangi (1934-1940), le Père Henri Laureys, l’un des deux missionnaires jadis chargés de la desserte des villages de l’intérieur. L’actuel évêque émérite de Lisala se souvient encore de lui : « Il s’intéressait beaucoup aux petits séminaristes que nous étions à Bolongo et à notre vocation de prêtres séculiers. Il nous aimait beaucoup … ». En outre, l’esprit de famille qui régnait à Bolongo marqua considérablement le séminariste Nganga.

Le stagiaire et le prêtre Louis Nganga  (1951-1961)

Au bout de huit années de formation sacerdotale à Kabwe, jamais entrecoupées de vacances en famille ni à son VA d’origine, le fils bien-aimé de Maman Likombe atterrit, avec son condisciple Paul Kambili, à Lisala le 14 décembre 1951. Monseigneur François Van den Bergh, alors ordinaire du lieu (1944-1959), l’envoya en probation à Ebonda comme  directeur de l’école primaire pour garçons. Il s’y montra bien à la hauteur de sa tâche, de son rang canonique, ecclésial et social. C’est ainsi qu’il suscita partout l’admiration et l’estime des personnes qui le connaissaient ou qui entendaient parler de lui. Et nous, ses élèves en particulier, étions alors fiers de l’avoir comme éducateur, habile à allier la tendresse et une rigueur  de bon aloi. Nous continuons à garder de lui de doux souvenirs pour son témoignage de vie et pour la formation reçue de lui.

Le rapport concluant établi par qui de droit sur son stage pastoral lui ouvrit largement la voie d’admission au sous-diaconat et au diaconat, qu’il reçut au Petit Séminaire, en même temps que son condisciple, respectivement les 25 et 26 janvier 1953, des mains du Vicaire Apostolique de Lisala. Puis le 22 février suivant, celui-ci leur conféra l’ordination presbytérale en la cathédrale Saint-Hermès de Lisala. Jour radieux et inoubliable : Lisala était en fête toute la journée. Après-midi : match amical de football Bolongo-Union contre les soldats (3-1). La soirée fut agrémentée par une pièce de théâtre, « Anzelu wa Libala », jouée par les petits séminaristes.

En Europe (1958-1959)

L’Abbé Louis Nganga fut aussi le premier prêtre séculier de Lisala à fouler le sol européen, à l’occasion de l’Exposition Universelle de Bruxelles de 1958 (17 avril – 19 octobre). Mgr Van den Bergh l’envoya à ce rendez-vous mondial pour y  représenter le Vicariat Apostolique de Lisala et prêter, à ce titre, sa contribution au Pavillon missionnaire du Congo. Le second motif était de suivre des cours de culture religieuse, de catéchèse et de pastorale, en 1958-1958, à « Lumen Vitae » de Bruxelles, de récente création.

Pendant son séjour en Europe, il entreprit en Belgique et en Allemagne des démarches, qui lui permirent de récolter des fonds suffisants pour l’achat du premier groupe électrogène et du premier camion de Bopako, premier poste de mission entièrement dévolu, à partir de 1953, au ministère pastoral des Abbés du Vicariat Apostolique de Lisala. Pour rappel, l’Abbé Louis Nganga vivait avec ses confrères de Bopako lorsqu’il enseignait à Boso Nzanoa.

En outre, en Belgique il mit à profit une rencontre fortuite avec un couple belge de modeste condition socio-économique, sans enfants mais généreux. Celui-ci lui demanda de lui chercher un garçon congolais pour entrer en contact avec lui. L’Abbé Louis Nganga donna à ce couple le nom d’un séminariste de Bolongo qu’il connaissait. Les relations empreintes de profonde et sincère affection établies entre ces Belges et le jeune Congolais ont perduré après l’ordination sacerdotale de ce dernier. Ses bienfaiteurs s’appelaient M. Jean et Simone Klinkenberg de Loveral (Charleroi). Le Seigneur les a rappelés auprès de lui.

À Lisala Saint-Hermès (1959-1961)

À l’Abbé Louis Nganga, revenu d’Europe en 1959, fut confié le gouvernement pastoral de Lisala Saint-Hermès, canoniquement élevé le 7 octobre 1960 au rang de paroisse, avec Boyange Saint-Paul, Bumba Saint-André et Bumba Notre-Dame de Fatima. On vivait alors sous le signe du début de l’africanisation de l’Église et de ses cadres. On était aux lendemains de l’érection de la hiérarchie ecclésiastique au Congo et  de la naissance du Diocèse de Lisala (cf. le 10 novembre 1959). À ce propos, le 9 juillet 1961, M. Pierre Chuatungungu, Commissaire du District de la

Mongala, rappellera à Mgr Nganga qu’il « fut … le premier pasteur à diriger les hésitantes brebis » de la Paroisse Saint-Hermès. Il fut également conseiller de l’ordinaire du lieu et son premier vicaire général, issu du clergé local.

Les 18 avril et 13 mai 1961

Un jour, « le dévoué, l’actif, souriant et combien premier curé » de Lisala Saint-Hermès (M. Pierre Chuatungungu) reçut, inattendument, de Mgr Gaston Mojaisky Perelli, Délégué apostolique à Léopoldville, une lettre n° 1731 lui annonçant l’intention du Saint-Siège de le nommer évêque titulaire d’Attira et évêque auxiliaire de Lisala. Par la suite, une autre lettre n° 1781 du même prélat lui communiquait, à titre privé, cette nomination conformément à une bulle datant du 18 avril 1961.

Quel bouleversement dans l’esprit et le cœur du concerné ! En réponse, il écrit : « De fait, les objections n’ont pas manqué de se présenter dans mon esprit. Mais, comme vous le rappelez si bien, Excellence, ‘Un désir du Saint-Père est un signe de la volonté de Dieu ; le Seigneur qui donne les charges, donne aussi les grâces pour les accomplir, la responsabilité de se soustraire à une fonction ecclésiastique n’est pas moindre que de l’accepter. Ainsi donc me suis-je rendu à l’église, et c’est là, devant le Saint-Sacrement, qu’en toute simplicité, en toute confiance, j’ai dit à Jésus : ‘J’ACCEPTE pour la plus grande gloire de Dieu et le bonheur des âmes’ » (Lettre au Délégué apostolique, 18 mai 1961).

Le samedi 13 mai 1961 est une autre date clé ou « tournante » des annales du Diocèse de Lisala. Car ce fut ce jour-là qu’un communiqué de l’évêché diffusa l’extraordinaire nouvelle de l’élévation de Mgr Nganga à la dignité épiscopale. Le sacre fut fixé au 9 juillet prochain. Il y est écrit aussi : le consécrateur sera Mgr François Van den Bergh, qui sera assisté de Mgr Théobald Delaere, évêque de Molegbe, et de Mgr Joseph Malula, évêque auxiliaire de Léopoldville. La cérémonie sera rehaussée de la présence du Délégué apostolique du Congo et du Ruanda-Urundi.

Pourquoi Mgr Louis Nganga choisit-il comme deuxième co-consécrateur l’évêque auxiliaire de Léopoldville ? Le passé et le présent nous donnent un certain éclairage à ce propos : Écolier à Umangi, Louis Nganga avait vu à Bolongo le séminariste Joseph Malula, qui l’avait impressionné en tant que « président », c’est-à-dire premier élève chargé de discipline à l’internat du séminaire. Il le connut à Kabwe (décembre 1943 – décembre 1944). Les Abbés J. Malula et L. Nganga avaient pris part à l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958. Le prêtre J. Malula était déjà reconnu au Congo et ailleurs comme une figure de pointe de « l’Église à l’heure de l’africanité ».

Du 18 mai 1996 au 9 juillet 1997

Un autre moment de transition intéressant pour Mgr Nganga est celui où il avait comme premier collaborateur un évêque coadjuteur en la personne de Mgr Louis Nkinga CICM. Évêque de Kole depuis le 1er mars 1980, celui-ci fut nommé le 18 mai 1996 évêque coadjuteur de Lisala, où il prit possession de son office le 12 juillet de la même année.

Le 8 juillet, il invita ses fidèles de la ville de Lisala à un rendez-vous avec lui le lendemain en la cathédrale Saint-Hermès. Le jour suivant, beaucoup de ses diocésains, bien que complètement ignorants du motif du rendez-vous, répondirent favorablement à celui-ci. À 11 heures locales précises ou 12 heures à Rome, Mgr Nganga leur annonça officiellement que le Pape Jean Paul II avait accepté sa renonciation au gouvernement pastoral de Lisala, pour limite d’âge, conformément au canon 401 §1 du Code de Droit canonique. De ce même fait, son coadjuteur devenait évêque de Lisala. Bien plus, lui-même quittait aussitôt l’évêché pour aller habiter dans sa résidence privée et personnelle, où l’accompagnèrent, dans l’après-midi, Mgr Nkinga et les abbés présents à Lisala.

De l’œuvre immense et variée que Mgr Nganga a accomplie en faveur de l’Église et de sa Nation, il ressort qu’il a tout mis en œuvre pour demeurer cohérent avec son idéal de vie et d’action. Il y a lieu de citer entre autres la fondation le 05/octobre/ 1966 de l’Institut des Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Lisala, son engagement pour l’enseignement primaire secondaire et supérieur, pour la formation sacerdotale, le développement intégral des conditions de vie de la population locale et pour le dialogue œcuménique.

Pour l’Église, Monseigneur Louis Nganga est une grande figure. Il a vécu aussi l’évolution historique de la Préfecture au Vicariat jusqu’à l’érection de la hiérarchie au Congo. Nommé évêque à l’âge de 38 ans, Monseigneur Nganga fait partie de ce « lot » de premiers évêques congolais autochtones. Aussitôt après, Monseigneur Louis Nganga va entrer dans l’histoire de l’Église universelle parce qu’invité à participer au Concile Vatican II dont les conclusions continuent à guider l’Église jusqu’en ces jours. Il est un des Pères conciliaires.

En 2011, il a célébré son jubilé d’or de vie épiscopale. Le 18 mars 2012 en la Cathédrale Notre Dame du Congo, Son Éminence Laurent Cardinal Monsengwo lui adressait ces propos : « Nous voulons vous remercier pour ce que vous avez été et que vous demeurez pour notre Église : une histoire vivante du Concile Vatican II, une histoire vivante du Congo Indépendant, une histoire vivante de l’indigénisation progressive de l’Église dans notre pays, une histoire vivante des péripéties de la CENCO. Nous prions pour vous, cher Mgr Nganga, afin que Dieu vous donne la force physique et morale de demeurer encore avec nous, pour notre bonheur et notre édification ».

En 2012, Mgr Louis Nganga avait reçu de sa Sainteté le Pape Benoît XVI une invitation personnelle à se rendre à Rome pour la célébration du 50ème anniversaire de l’ouverture solennelle du Concile Vatican II. Mais son état de santé ne lui avait pas permis d’aller participer physiquement à ce rendez-vous ecclésial.

Il est décédé jeudi 13 février à l’âge de 91 ans. De ces 91 ans de vie, il faut compter 61 ans de vie sacerdotale, 53 ans de vie épiscopale et 17 ans de vie d’Évêque Émérite. Il a été inhumé le samedi 15 février 2014 dans la Cathédrale Saint Hermès de Lisala.

Extraits du livre inédit de l’abbé Pierre Akuma « Travail de la grâce de Dieu et potentialités de la liberté humaine » sur la vie de Mgr Nganga.

Mgr Égide De Boeck naquit à Oppuurs, le 13 novembre 1875. Son père était instituteur; mais lors de la lutte scolaire de 1879 il démissionna, préférant tout autre travail à l'enseignement dans une école neutre. Sa mère était une personne très chrétienne. Une tante qui entra chez les Clarisses écrit au jeune Égide, alors étudiant au petit séminaire de Malines, au sujet de sa mère, ce qui suit: "J'ai souvent entendu dire votre chère mère qu'elle prie toujours pour ses enfants; "mais pour mon Égide je prie encore plus que pour les autres", dit-elle ".

Lorsque Égide manifesta son désir d'entrer à Scheut, ce fut pour la mère un coup assez dur. Il a dû parler beaucoup et insister souvent pour pouvoir entrer au Noviciat directement après sa rhétorique en 1894.

Égide était l'aîné d'une très belle famille: son frère Alphonse deviendrait prêtre dans le diocèse et est resté de longues années secrétaire général des œuvres missionnaires pontificales à Bruxelles, où sa sœur dévouée, Marle, l'aida beaucoup et continue maintenant encore cette œuvre.

Deux frères suivirent à Scheut: Achilles mort en 1938 et Jules qui travaille encore au vicariat d'Inongo. Une autre sœur devint chanoinesse missionnaire de St Augustin et travailla de longues années aux Philippines (elle est décédée en 1953). Le seul frère qui se maria est le père du Rév. P. Louis De Boeck.

Premier départ au Congo

Le 1 juillet 1900, le Rév. P. Egide De Boeck fut ordonné prêtre à Scheut. Son père était déjà décédé. Le 1 septembre déjà c'était le départ d'Anvers pour le Congo. Sa bonne mère était malade, sans gravité, pensait-on. Cependant à Ténériffe déjà, le P. Egide reçut la triste nouvelle " Mère décédée "

Il voyagea en compagne du Rév. P. Cambier et de quelques jeunes confrères. Ils arrivèrent à Boma le 22 septembre. le P. De Boeck et le P. Renier sont envoyés à Kangu pour passer leur première année chez le P. De Cleene. C'est ici qu'en juillet 1901 il reçoit sa destination pour Nouvel-Anvers.

Nouvel-Anvers

Un peu plus tard il écrit à sa famille: "Je suis arrive à Nouvel-Anvers le 1 septembre, fête de mon Patron, jour par jour une année après mon départ de (Vieil) Anvers. Quelle belle mission! 1.200 âmes! Presque tous chrétiens. Une belle paroisse de nos régions, et une paroisse fervente, croyez-moi".(11 sept. 1901).

Cette mission avait été fondée en 1889 par le R. P. Van Ronslé, qui devint Monseigneur Van Ronslé et le R. P. Cambier. Déjà en 1896, les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marle y firent leur première fondation. En 1898, Mgr Van Ronslé déclarait que de toutes les missions celle de Nouvel-Anvers avait fait le plus de progrès. Un millier de chrétiens assistait régulièrement à la messe du dimanche. Alors déjà il décida d'y ériger une église définitive.

Lors de l'arrivée du P. De Boeck, il n'y avait dans toute la région de l'Équateur, en dehors de Nouvel-Anvers, que deux autres postes de mission, dirigés par les PP. Trappistes: celui de Bamania, fondé en 1895, et de Mpaku, fondé en 1900.

En 1901, le P. Cneut était supérieur de la mission, assisté par les RR. PP. Jadoul, E. Geens, Baeten et Van Velthoven.

Ce dernier alla fonder définitivement la mission d'Umangi, le 14 décembre 1901 et trouva la mort dans un accident pénible, le 14 janvier 1902.

L'état avait fondé à Nouvel-Anvers en 1891 une colonie scolaire pour enfants délaissés Cette colonie fut supprimée en 1897. En 1901. Elle ressuscita avec le P. Jadoul comme directeur et le P. De Boeck comme sous- directeur. Ce fut un recommencement pénible. Mgr Van Ronslé y avait mis pourtant grand espoir: "organisée sur un pied nouveau, cette institution sera entièrement placée sous la direction des missionnaires et l'éducation de son personnel d'enfants destiné à former plus tard le cadre de sous-officiers de l'armée, leur est entièrement dévolue. Nous attendons, pour notre part les plus beaux résultats de la nouvelle œuvre que nous allons entreprendre. Les élèves y reçurent une éducation militaire; quelques-uns restèrent dans la région et ce furent les premiers catéchistes pour les nouvelles missions.

Le P. De Boeck, fils d'instituteur, se donna totalement à l'enseignement et y porta un intérêt tout spécial jusqu'à sa mort.
Pour commencer il n'y avait aucun manuel; il en fabrique en s'aidant de manuels commandés en Europe.

Le 4 février 1902, le P. Jadoul meurt. le P. De Boeck devient directeur et reste là des mois seul à la colonie. Ce fut une année très lourde à cause des maladies et des décès. Il écrit: "Presque une année que je suis seul à la colonie; 1902 a été une année de misères pour notre vicariat: 5 morts, dont 3 décédés ici et 2 en Europe. Et 5 autres rentrés" (25 janvier 1903).

Il voit très vite qu'il doit bien apprendre la langue pour pouvoir instruire ses élèves. "La langue du Haut-Fleuve n'est pas encore bien formée. Le vrai Bangala ne se parle pas ici comme dans les villages de l'intérieur. Tout le long du fleuve, on parle un langage ou quelque chose qui deviendra certainement une langue lorsqu'elle sera un peu expurgée. Les Blancs ne s'y fatiguent pas beaucoup et les Noirs, pour faire comme eux, préfèrent gâcher leur langue que de la bien parler" (9/4/1902).

Monseigneur le charge de la rédaction d'une grammaire Lingala. En 1903, il est déjà prêt avec un Nouveau Testament: "Je suis en train de transcrire le Nouveau Testament que j'ai traduit ou plutôt raconté dans la langue du fleuve qu'on parle de Léo jusqu'à Basoko. Je l'enverrai à Monseigneur. Je pense qu'il le laissera imprimer" (5/8/1903)

L'année suivante sa "Grammaire et Vocabulaire de Lingala" est achevée et envoyée en Belgique.

Nonobstant son travail à l'école et toute la correspondance officielle qui s'y rattache, il trouve encore le temps d'aider à la mission, même pour le travail manuel et il prit une grande part dans la construction de l'église, dans laquelle Mgr Van Ronslé célébra une messe pontificale le 15/8/1906.

A la fin de 1906, lors d'une visite à Nouvel-Anvers, Monseigneur annonce la fondation de Bosu-Modanda (auparavant poste Bokumbi) et de Mbaya (d'abord Bosanga).

En mai 1907, le P. Égide De Boeck est nommé Supérieur de district; charge fort importante en ce temps où les grandes distances rendaient toute communication avec l'évêque ou le provincial fort difficile. Deux mois plus tard, il devient aussi Supérieur de la mission de Nouvel-Anvers.

En l'absence de l'évêque et du Provincial, c'est lui qui porte la responsabilité pour les confrères et les missions de la région. Dans son journal, nous pouvons suivre ses voyages à Umangi et à Mbaya. C'est lui aussi qui accompagne Monseigneur dans ses visites de la région. En 1910 suit la fondation de Boyange.

En 1912, il se rend à Bumba pour y installer les premiers Pères et y reste un mois.
En décembre 1912, il accompagne le Supérieur Général et en mai 1913 le R. P. Vermeersch, S. J.

Pro-préfet du Kasaï

Le 10 août de cette année, il reçoit sa nomination de Pro préfet Apostolique du Kasaï. Ce fut un coup très dur pour lui. Il devait quitter son cher Nouvel-Anvers pour prendre en main la direction d'une Préfecture, dans une région totalement inconnue, sans connaître la langue de la région ni les méthodes qu’on y employait. Six jours plus tard, il part déjà et assiste à Léopoldville à la réunion des Supérieurs de Mission (26/9/13).

Le 8 octobre, il quitte Léopoldville, visite en cours de route quelques missions et arrive à Luluabourg le 21 novembre.
Le 12 décembre déjà il part avec le P. Provincial pour visiter les autres missions et retourner enfin le 27 mars 1914 à Luluabourg.

Il voyagea ainsi durant 2 ans. Partout, il fait attention aux écoles et annote soigneusement quels sont les résultats et si on travaille avec méthode.
La besogne cependant lui pèse lourdement: Il a un terme de 16 ans au Congo. Malade, il doit descendre en mars 1916 à Léopoldville. En avril, il est de retour au Kasaï mais sa santé ne tient plus et, en juillet, il prend à nouveau le bateau pour Léopoldville, s'embarque le 3 août à Boma à destination de l'Angleterre où il arrive le 26 août. Il y restera jusqu'à la fin de la guerre.

Pendant cette longue convalescence dont sa santé a besoin, il prêche des retraites, remplace des prêtres dans le ministère et aide son oncle, Mgr De Wachter, dans le soin pour les réfugiés belges.

En juillet 1917 il apprend l'érection du vicariat du Kasai. Le 19 janvier 1919, il retourne à Scheut où il reçoit le 6 février sa nomination de recteur de la Maison-Mère.

Après le départ du P. De Boeck pour le Kasaï, le travail missionnaire dans le Haut-Congo continua sa marche progressive. En 1914, fut fondée la mission de Lisala et en 1916 le P. Dereume commence l'école H.C.B. à Ebonda-Alberta. Le P. Tack s'occupait déjà de l'apostolat dans ce poste. Le 11 septembre 1916 le P. De Boeck, ensemble avec le T. R. P. Supérieur Général avait eu un entretien à Londres avec Lord Leverhulm au sujet de l'érection du groupe scolaire à Ebonda H.C.B. D'Ebonda, on rayonnait aussi dans la région d'Elisabetha où la même Société s'était fixée. Il était cependant impossible de s'étendre plus à cause du manque de personnel.

À cause de grande extension qu'avait pris l'apostolat, Rome décida l'érection du vicariat de Nouvel-Anvers par décret du 3 avril 1919. Mgr Van Ronslé, vicaire apostolique de Léopoldville, resta provisoirement Administrateur Apostolique du nouveau vicariat.

Ce vicariat s'étendait à presque toute la province actuelle de l'Équateur, excepté le Nord, où depuis 1910 déjà travaillaient les PP. Capucins. Ajoutez à ce territoire encore la région qui constitue actuellement la préfecture apostolique d'Isangi. Trois instituts se partageaient le travail dans le vicariat apostolique de Nouvel-Anvers: Les PP. de Scheut, les PP. Trappistes, et les Fathers de Mill-Hill. Ces derniers avaient fondé en 1905 la mission de Bokakata. 

Vicaire apostolique


Deuxième séjour au Congo (1921 - 1926) champ d'apostolat

Le 4 janvier 1921, le P. De Boeck reçoit sa nomination de premier vicaire apostolique du vicariat de Nouvel- Anvers et est sacré évêque titulaire d'Azotos le 8 mai 1921 par son oncle Mgr De Wachter, évêque auxiliaire de Malines. Avant de partir pour le Congo, il eut encore le bonheur d'ordonner prêtre son propre frère Jules De Boeck. Le 8 septembre 1921, il s'embarque à Anvers ensemble avec le T.R.P. J. Vandeputte qui deviendrait son bras droit dans l'administration du vicariat. La réception à Nouvel-Anvers le 13 octobre fut très solennelle et joyeuse.

À son arrivée le vicariat comptait 70.000 chrétiens:

1° Région confiée aux RR. PP. Scheutistes:
8 postes de mission, 25 pères, 10 frères, 8 sœurs, 39.600 chrétiens et 32.100 catéchumènes et postulants.

2° Région confiée aux RR. PP. Trappistes:
5 postes de mission, 11 pères, 9 frères, 15 sœurs, 23.600 chrétiens, 10.970 catéchumènes et postulants.

3° Région confiée aux Fathers de Mill-Hill:
6 postes de mission, 14 pères, 1 frère,
6.850 chrétiens et 21.000 catéchumènes et postulants. 

Voyages

D'abord Mgr De Boeck fonda le poste d'Elisabetha (Barumbu) dont l'érection avait été remise jusqu'à l'arrivée du nouveau vicaire apostolique.
Monseigneur désirait prendre contact aussi vite que possible avec ses missionnaires. Cependant il se trouvait devant une tâche immense s'il voulait visiter régulièrement tous les postes: la région en effet était très étendue et il n'y avait pour ainsi dire pas de routes de sorte que tous les voyages devaient se faire par bateau ou en pirogue. Par-ci par-là même en vélo ou à pied.

Dans son journal nous pouvons suivre tous ces voyages. En lisant son premier voyage, on se rend compte ce que ces voyages demandaient du temps.

Son premier voyage était pour les missions de Scheut. Le 27 décembre 1921, il part de Nouvel-Anvers en baleinière jusqu'à Akula et plus loin en pirogue jusqu'à Mbaya, puis vers Bosu-Modanda. De là à Ukaturaka, où il prend le bateau pour Lisala: il y cherche un terrain pour la mission définitive. En canot-moteur vers Umangi ; puis il remonte le fleuve jusqu'à Kumba et s'en va à pied vers Boyange. Par vole de terre, il se rend à Dobo d'où un petit bateau H. C. B. l'amène à Ebonda et plus tard à Bumba. Après, avec le bateau-courrier, il se rend à Basoko et Elisabetha-Barumbu, pour retourner de là, par bateau-courrier, à Nouvel-Anvers où il arrive le 21 mars 1922, après 3 mois d'absence.

Un deuxième voyage était pour les missions des PP. Trappistes. Il part le 3 mai 1922 pour Coquilhatville où il a de longs et difficiles pourparlers avec le Gouverneur M. Van de Kerken sur la politique indigène. Après, il s'en va, par bateau ou pirogue, vers l'intérieur pour confirmer non seulement dans les postes de mission mais aussi dans beaucoup de catéchuménats. Le 20 août, il est de retour à Nouvel-Avers. Son absence avait duré presque 1 mois.

Le 4 avril 1923, il part à nouveau vers Coquilhatville pour visiter de là les missions des Fathers de Mill-Hill; il ne put atteindre toutes les missions. Le 18 juin, il était de retour à Nouvel-Anvers.

Petit séminaire

Dès le commencement, Monseigneur était bien décidé à ceci ériger aussitôt que possible un petit séminaire. L'Encyclique "Maximum Illud" de SS. le Pape Benoît XV du 30 novembre 1919 contenait pour lui un mat d'ordre. Non pas qu'avant lui on avait oublié ce grave problème. Déjà à Pâques 1916, on avait commencé à Nouvel- Anvers à enseigner le latin à quelques garçons.

Le 5 février 1918, le P. Bittremieux était arrivé là comme directeur avec 7 séminaristes de Kangu. Le 21 septembre 1920 cependant il partirait avec ces séminaristes et bientôt il ne resta plus rien des premiers Latinistes dans la région.

Le 24 mars 1922, à son retour de son premier voyage, Monseigneur charge le P. Vandeputte de l'érection d'un séminaire. Le 17 avril, second jour de Pâques, on inscrit les 7 premiers élèves trois de Nouvel-Anvers et 1 d'ailleurs. En mai, on en ajoute encore 2 d'Ebonda.

En mai 1923, on commence la première construction. Six élèves finissent en août 1923 la sixième Latine; l'œuvre était lancée et en bonnes mains. 

Enseignement

Dès le début, Monseigneur souhaita que l'enseignement fut organisé partout sur une base saine; il en connaissait très bien l'importance pour l'apostolat. Il avait consacré lui-même ses premières années de mission à l'enseignement. Durant son premier voyage, comme il avait fait au Kasaï, il contrôle partout l'école. Dans une circulaire de 1922 il annote: "J'ai constaté avec plaisir que dans certaines missions, on s'est mis à donner école d'une manière régulière et méthodique. Je félicite ces confrères qui sacrifient ainsi les attraits naturels de la vie de brousse è une oeuvre qui est de première nécessité non seulement pour maintenir et consolider nos conquêtes, mais pour les étendre en formant de bons catéchistes". Deux ans plus tard il écrit à nouveau: "Je ne puis assez insister sur la nécessité de bien organiser les écoles". (24 novembre 1921). Il ajoute à cela des prescriptions minutieuses pour la bonne marche de l'école.

Nonobstant la grande pénurie de personnel pour l'apostolat direct, il sacrifia volontiers son personnel pour l'enseignement; cela en effet était aussi le désir du Pape.

Administration difficile

Entre-temps les voyages continuaient, En 1923, il prend part à la réunion des Ordinaires à Stanleyville et il visite à nouveau toutes les missions. Ce qui le préoccupe surtout c'est la grande étendue et la diversité des missions confiées à 3 Instituts.

Les PP. Trappistes décident de se retirer dans un plus petit secteur. Les Missionnaires du Sacré Cœur reprennent la Tshuapa. Le 11 février 1924, est fondée la préfecture de la Tshuapa avec Mgr Van Goethem comme premier préfet apostolique. Mgr De Boeck désire qu'il prenne aussi la juridiction sur la région des PP. Trappistes.

En 1924, son œuvre semble lui peser de plus en plus. Sa santé décline, son mal de tête revient. Dans ses lettres il s'en plaint un peu: "Je n'ai pas de mémoire, pas d'idées. Si je n'étais pas si jeune, je pourrais demander un coadjuteur capable, mais maintenant je dois porter ma croix avec patience encore quelques années. Mon vicariat est trop grand et trop disparate. Si je n'avais ici que les confrères Scheutistes seuls ce serait encore à faire". (2/8/24). (...)

A son frère Alphonse qui se rend à Rome il écrit: "J'ai beaucoup de Congrégations différentes et mon vicariat est trop difficile à visiter et surtout ma tète n'est plus capable de ce travail. Si vous voyez le cardinal-préfet à Rome, vous pouvez lui dire cela. Mgr Van Goethem est d'accord pour reprendre la région des Trappistes". (27 déc. 1921).

Il veut quand même continuer à travailler plein d'ardeur pour favoriser l'extension de l'œuvre missionnaire. En voyage de confirmation chez les Gbaka en mars 1924, il cherche un emplacement pour la mission de Bominenge qui est fondée en mars 1925.

En juin 1926, il se rend de Mbaya par Budjala à Musa et de là plus loin pour voir l'emplacement de la nouvelle mission qui cette année là sera fondée à Bangabola. La même année est fondée encore la mission de Bosu- Manzi.

L'année 1926 le déchargera enfin d'une grande partie de son vicariat: la région des Trappistes passe aux missionnaires du Sacré-Cœur, qui déplacent leur chef- lieu à Coquilhatville. Ainsi est fondée, le 28 janvier 1926, la préfecture apostolique de Coquilhatville.

La préfecture apostolique de Basankusu est érigée aussi le 28 juillet 1926 et confiée aux Fathers de Mill- Hill. Mgr Wantenaar en devient le premier préfet apostolique. La même année encore les PP. Lazaristes viennent se fixer à Bikoro.

Les grands travaux et les préoccupations continuelles avaient miné la santé de Monseigneur. Surtout des maux de tête lui rendaient tout travail sérieux impossible. Au commencement d'août 1926, il doit quitter Nouvel-Anvers pour retourner en Belgique où il arrive fin septembre. Le T. R. P. Vandeputte le remplace comme vicaire-délégué.

Troisième séjour au Congo (1928 - 1938)

En Belgique. Sa santé ne s'améliore que très lentement. C'est seulement le 1 mai 1928 qu'il peut se rembarquer pour arriver à Nouvel-Anvers le 2 juin. (...). 

Meilleure organisation de l'enseignement

Lors de sa visite à Boyange en 1928. Monseigneur fait part de sa décision d'ériger une école normale et il en nomme le P. Beckers premier directeur.

Immédiatement il tient une réunion du conseil à Umangi, où on traite surtout la question de l'enseignement et du catéchuménat. Deux circulaires en font connaître les conclusions. Ce sont ces deux choses qu'il examine systématiquement dans chacune de ses visites. Qu'il considère l'enseignement comme un devoir grave, apparaît avec évidence dans cette phrase de sa circulaire du 3 octobre 1928: "Je saisis cette occasion pour féliciter et remercier nos pères directeurs d'école des résultats obtenus ces dernières années. Ils m'aident à réaliser le désir, voire les ordres du Saint-Siège". Voici en effet les paroles de son Éminence le Cardinal de la Propagande dans sa lettre du 18 janvier 1928 (en réponse au rapport annuel): "Quoniam vera fides catholica non solum directis praedicationibus, immo etiam scolarum influxu, ubi novae generationes christianis principiis ab infantia imbuuntur, augetur, Amplitudinem Tuam enixe hortor ut scolas pro posse in missione augeat et multiplicet".

Systématiquement on nomme à chaque mission un directeur d'école et Monseigneur lui-même continue à visiter partout les écoles; dans son journal, il annote avec soin s'il y a du progrès par rapport au passé ou ce qui doit être amélioré.

Construction d'un nouveau petit séminaire

Le séminaire, commencé en 1922, promettait de bons fruits. Fin septembre 1928, on commença les premières leçons de philosophie à un groupe de 9 élèves. Monseigneur désire construire un séminaire dans un lieu mieux placé dans les environs de Lisala. Pendant son séjour à Lisala, en octobre de cette année, il s'en va à la recherche d'un bon terrain: Bosu-Kuruki, Kunga, Langalanga, Umangi, mais on ne trouve rien. A sa visite à Lisala en 1929, il reprendra les recherches. C'est seulement en 1931 qu'on obtient un terrain à Bolongo et seulement en 1934 que les bâtiments sont assez avancés pour recevoir les professeurs et les étudiants.

Le 31 août, Monseigneur bénit le séminaire et le met sous le patronage de Notre-Dame de Grâce.
On doit aussi prévoir un grand séminaire. Des pourparlers ont lieu entre les évêques de Scheut. Comme une solution se fait attendre, on décide de prendre contact avec les autorités ecclésiastiques de la Province de l'Équateur pour ériger éventuellement un séminaire dans le vicariat. On demande même un terrain à Lisala. La solution définitive vient cependant par la fondation du grand séminaire de Kabwe au Kasaï.

En décembre 1929, le T. R. P. Vandeputte, élu comme délégué de la Province, est rappelé pour préparer le chapitre. Il part avec ses séminaristes pour Kabwe le 2 janvier 1930; 5 continuent leur philosophie et 3 font là leur rhétorique.

Déplacement de la résidence à Lisala

Aussi longtemps que Coquilhatville et Basankusu faisaient partie du vicariat, Nouvel-Anvers était très bien placé comme chef-lieu, vu que tous les voyages se faisaient par bateau.

Cependant c'était Lisala qui s'indiquait comme résidence du vicaire apostolique. C'est là en effet que résidait le commissaire de district et de là les routes s'étendaient progressivement vers l'intérieur. En recherchant une place propice pour le séminaire, Monseigneur avait aussi l'intention d'y construire sa résidence. Finalement, il décida de prendre sa résidence dans la maison de communauté de Lisala où il vint se fixer définitivement le 5 mai 1931.

La région du Lomami

Depuis des années, Monseigneur avait l'intention de céder cette région à une autre congrégation. Comme il ne pouvait travailler convenablement cette région à cause du manque de personnel et des grandes distances, il considérait que c'était pour lui un devoir de conscience de chercher d'autres collaborateurs. (27/9/23).

Il ne trouva pas pour le moment de solution. Il était peiné lors de ses visites à Elisabetha qu'une grande région, fort peuplée, restait pratiquement fermée à l'évangélisation pendant que les protestants s'y enracinaient fortement. Dans la réunion du conseil du 19 février 1929, on décide de rechercher une autre congrégation.

On écrit à quelques congrégations. Finalement, on obtient l'assentiment des PP. Montfortains de la province hollando-belge. Le 27 février 1933, les deux premiers pères arrivent. Monseigneur s'embarque avec eux pour les installer sur leur nouveau terrain de mission. Ils arrivent à Elisabetha le 1 mars. Le 9 mars déjà le Supérieur des Montfortains part avec le père Tack vers Isangi pour y chercher un bon emplacement d'une nouvelle fondation. On voulait en effet occuper la région aussi vite que possible. Isangi deviendrait plus tard le siège de la nouvelle préfecture apostolique confiée aux PP. Montfortains (Décret du 14 juin 1951).

Nouveaux couvents

Monseigneur était bien convaincu que, pour l'éducation des filles et des femmes et pour les soins médicaux des malades, il faut absolument des sœurs. Lors de son arrivée à Nouvel-Anvers en 1901, il nota dans une de ses lettres à sa famille la grande différence entre Kangu et Nouvel-Anvers à cause des sœurs. Une mission n'est vraiment fondée que quand il y a des religieuses.

Lorsqu'il arriva à Nouvel-Anvers comme vicaire apostolique, il n'y avait dans tout le vicariat que 3 couvents de sœurs dont deux chez les PP. Trappistes. Des pourparlers furent entamés avec des congrégations mais ne réussirent pas toujours. Les sœurs chanoinesses de St Augustin commencèrent un couvent à Boyange en 1922 mais on devait encore attendre jusqu'en 1929 pour voir un vrai accroissement de couvents. Les mêmes sœurs fondirent une maison à Ebonda en 1929, à Lisala en 1930, à Umangi également en 1930, enfin à Bosu-Manzi en 1934.

Les Franciscaines missionnaires de Marie se rendent à Bosu-Modanda en 1933, à Bumba en 1937 et à Bangabola en 1939. Les sœurs de la Présentation de Notre-Dame (St Nicolas) fondent le couvent de Mbaya en 1933, Bominenge en 1937 et Yakamba en 1942. 

Congrégations indigènes

Peu de temps après son retour de Belgique en 1928, Monseigneur donna aux sœurs Franciscaines de Marie l'autorisation de faire un essai de formation de sœurs indigènes.

Dans ce but, 7 filles de Nouvel-Anvers sont admises au postulat, le 24 octobre 1928. En juin 1932, on commence à construire un couvent.

Cette œuvre demandait une longue préparation. Le 31 août 1933, les 4 premières postulantes sont admises au noviciat: le 2 décembre 1935, les 4 premières oblates Franciscaines-missionnaires de Marie indigènes émirent leurs vœux en présence de Monseigneur. Ce fut une grande solennité. Dans son journal Monseigneur annote "Deus incrementum det!". Et Dieu donna en effet la croissance. Lors de sa mort, 9 ans plus tard, il y avait 28 professes et 10 novices.

Monseigneur encouragea aussi l'érection d'une congrégation indépendante indigène pour sœurs; les premiers essais de 1934 et 1937 ne furent pas couronnés de succès.

En mai 1931, un étudiant en philosophie revient du séminaire de Kabwe et demande à devenir frère. On l'accepte et bientôt quelques autres candidats viennent s'adjoindre à lui au petit séminaire de Nouvel-Anvers. En 1934, ils se rendent ensemble avec les séminaristes à Bolongo. On leur donne un directeur spirituel. En même-temps, Monseigneur décide de construire un couvent à Boyange. Celui-ci est occupé par les candidats-frères en 1935. Le premier candidat fut admis aux vœux privés le 5 avril 1936.

Comme les essais donnaient beaucoup d'espoir, on passe à l'érection officielle de la congrégation des frères de St Joseph. Rome donne l'autorisation le 7 juin 1937. Monseigneur érige la congrégation le 1 septembre 1937 et, le 12 septembre 1938, les trois premiers frères émettent leurs vœux.

Médecin de missions

Pour les soins plus appropriés des malades on a besoin de médecins. Le 28 décembre 1928, Monseigneur introduit une demande pour 3 médecins de missions: un pour Nouvel-Anvers, un pour Boyange, un pour Mbaya. Selon lui, Nouvel-Anvers et Boyange devaient être les premiers servis. On y construit une maison. Ce serait cependant Mbaya qui en 1931 reçoit le premier médecin. Monseigneur insiste encore en 1934 pour obtenir un médecin pour Nouvel-Anvers, mais en vain.

Apostolat

(...)
 Il désire aussi vivement que dans chaque poste on puisse construire une église digne et définitive. Déjà existaient les églises de Nouvel-Anvers, Umangi et Boyange. En ces années, les bénédictions d'église se suivent: Lisala, février 1931 ; Bosu-Modanda, avril 1931 ; Bumba, mai 1932; Ebonda, septembre 1935. Lors de sa visite au vicariat en 1931, le délégué apostolique,

Mgr Dellepiane, déclara que le vicariat de Lisala avait les plus belles églises. Cela allait droit au cœur de Monseigneur: "Zelus domus tuae comedit me".
Il ne perdit pas de vue l'érection de nouveaux postes de mission. Cependant le manque de personnel après les fondations de Bominenge, Bosu-Manzi et Bangabola ne permit pas de penser de si tôt à de nouveaux postes. On construit cependant en 1928 un catéchuménat central à Bomana où Monseigneur administre le sacrement de Confirmation en 1929. La même année, ce catéchuménat est transposé à Libanda avec le père Brisbois comme Supérieur ff. et dépendant de Nouvel- Anvers. En 1933 la mission fut définitivement fondée.

En février 1930, Monseigneur était en voyage de confirmation sur la rive gauche du fleuve; il y choisit à Mongana un terrain pour la construction d'une mission et école en accord avec la S. C. C. B.. On devrait fonder la mission en 1931. Heureusement, elle n'eut pas lieu alors.

Enfin, en 1936, viennent les fondations de Yambuku et de Yakamba, en 1938 celle de Bopako.

Synode (11 - 17 février 1938)

Monseigneur avait invité tous les Supérieurs à la grande solennité de la première ordination sacerdotale. C'était aussi une occasion unique pour tenir un synode.

On y traite de tous les grands problèmes de l'apostolat et des conclusions concrètes furent arrêtées. Monseigneur lui-même voulut montrer que les directives de Rome lui dictaient sa conduite et y traita de l'organisation de l'Action Catholique.

(...) À  La dernière réunion, Monseigneur propose quelques questions. On décide d'éditer un périodique (Lokasa La Bisu), de laisser imprimer les Statuts du Vicariat ainsi qu'un manuel pour les catéchistes.

Le premier terme de Monseigneur comme vicaire apostolique de 1921-1926 avait été très lourd: organisation, visite d'un immense territoire, faible santé. Durant son second terme il a pu définitivement organiser beaucoup d'œuvres et cueillir les fruits de sa sage administration. Ce terme a été particulièrement riche en initiatives:

Nouveau petit séminaire à Bolongo. école normale à Boyange. Résidence à Lisala.

Fondation de plusieurs couvents de sœurs. Sœurs et frères indigènes.
nouvelles églises.
quatre nouvelles missions.

Ordinations sacerdotales. Synode.

Après ces années bien remplies, une année de repos s'imposait; Monseigneur quitta Lisala fin avril 1938.

4. Quatrième séjour au Congo (1939-1944)

Le 5 mai 1939, il s'embarque à nouveau à Anvers pour arriver le 10 juin à Lisala.
Il sentait bien que ce départ de Scheut et l'adieu à sa famille, surtout à sa sœur, serait le dernier: "J'ai été ému lors de mon départ de Scheut ainsi que d'Anvers. Je ne puis me défaire de l'idée que j'ai vu pour la dernière fois Scheut que j'aime tant et une bonne sœur fort maternelle". (9/5/39). Il revenait certainement bien reposé, cependant sa santé n'était plus solide. Déjà à Léopoldville, il était forcé de consulter un médecin, qui lui prescrit un régime assez sévère. 

Apostolat

Pourtant il reprend de suite sa pleine activité. D'abord visiter aussitôt que possible les missions. La mission de Bokonzi est fondée (1938). Il donne la permission d'ériger à Gbosasa un catéchuménat central qui en 1940 serait considéré comme une mission succursale de Bominenge. Fin 1939, on décide aussi la fondation de Lokalema. Plus ample extension n'était pas possible par manque de personnel. Cependant en 1943, on traita encore la fondation de Roby.

(...)
Et comme toujours il désire que partout on construise de belles églises. L'église de Mbaya est bénite solennellement en mai 1940. Pour plusieurs autres églises, Monseigneur donne l'autorisation de construire, lui-même cependant ne pourra plus les bénir: Bosu-Manzi, Bominenge, Bangabola, Bopako, Bokonzi, Lokalema.

Études linguistiques

Durant toute sa vie Monseigneur a donné beaucoup de temps aux études linguistiques, il aimait à le faire et l'a fait jusqu'à son dernier jour. Son but cependant n'était pas de servir directement la linguistique, mais bien les nécessités de l'apostolat. Lui-même a édité plusieurs ouvrages. Il travaillait toujours à l'amélioration de sa grammaire Lingala. On l'a bien parfois proposé comme le "créateur" du Lingala; cela n'est pas exact. Il a écouté les indigènes; toujours il avait en poche un calepin de notes pour annoter un nouveau mot ou une nouvelle tournure.

C'est vrai qu'il a voulu utiliser les dialectes de la région pour combler certaines lacunes du Lingala. On lui a reproché aussi parfois d'avoir méprisé les dialectes indigènes pour imposer partout le Lingala. On devrait presque dire que le contraire est vrai: toujours il a insisté sur la langue indigène surtout pour l'enseignement de la religion. Il fit rédiger des catéchismes en Lingombe, en Ebudja et en Gbaka. Lui- même pendant son séjour en certaines missions s'adonnait à l'étude de la langue indigène ou bien ordonnait à un père d'en rédiger la grammaire.

Il était cependant obligé de se rendre devant l'extension toujours plus grande du Lingala et devant la situation réelle du vicariat avec sa mosaïque de langues. Pour les Gbaka, il voulait que leur langue fut utilisée en tout. En 1910, lors de sa visite à Bominenge, il note: "Le Lingala s'infiltre de plus en plus chez les Gbaka: dommage!".

La présente étude "Esquisse biographique. Monseigneur E. De Boeck, Vicaire Apostolique de Lisala, 1955" a été publiée et imprimée à Lisala, en 1955, par Mgr. Fr. Van den Bergh, successeur de Mgr. Égide de Boeck.

Honoré Vinck

Missionnaire de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, le Révérend Père Ernest Ngboko Ngombe, CICM est né le 25 Mai 1964 à Kanya Mbonda, District de la Mongala dans la Province de l’Équateur. Il fit ses études primaires à Bolongo puis secondaires à  Lisala. Après l’obtention de son diplôme d’état en Pédagogie, il a enseigné pendant une année scolaire (de Septembre 1985 à Juillet 1986), au Lycée Monzoto Mwa Ntongo de Roby. Il a commencé sa formation religieuse et missionnaire au Noviciat  » Buisson Ardent  » de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie de Mbudi, Kinshasa le 07 Octobre 1986. C’est à la fin de cette formation initiatique qu’il émet ses premiers vœux dans la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie le 07 Octobre 1987.

Il a fait ses études philosophiques à l’Université Saint Augustin de Kinshasa de 1987 à 1990. Après cela, il s’envole pour le Cameroun où il fait ses études théologiques. Études qui couvrent la période 1990-1994.

Envoyé en mission au Sénégal en 1994, il sera ordonné prêtre deux années plus tard, soit le 29 Juin 1996, à Dakar, Sénégal. Après son ordination sacerdotale, le Père Ernest a été tour à tour vicaire puis curé de la Paroisse Notre Dame de la Paix de Diamaguène à Dakar. Par la suite, il a assumé la charge de Supérieur de District Autonome CICM du Sénégal pendant neuf ans (de 2001-2010). Il est en outre détenteur d’un diplôme de formation religieuse auprès de  » Catholic Theological Union  », à Chicago, (2010-2011). Il suivait en même temps des cours en vue de l’obtention de licence en Théologie dans la même institution. En 2011, il est élu vicaire général de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie. Charge qu’il assume jusqu’à sa nomination par le Saint-Père, comme évêque du Diocèse de Lisala.

Le Diocèse de Lisala insiste de plus en plus sur la formation intégrale (humaine, intellectuelle, spirituelle et morale) de tous ses enfants pour en faire des hommes selon la volonté de Dieu, des fidèles engagés dans l’œuvre de l’Évangélisation, des citoyens bâtisseurs de la cité suivant l’esprit de l’Évangile, en imprégnant le temporel de l’Évangile.

L’éducation est la voie royale de développement et de la propagation de l’Évangile de Jésus-Christ. En tenant compte de cette exigence, l’enseignement dans notre diocèse vise l’éducation de tout l’enfant ou du jeune, c’est-à-dire sa formation intégrale : physique, intellectuelle, esthétique, civique, morale et spirituelle. Mais plus spécifiquement, il s’agit d’éduquer l’enfant ou le jeune aux valeurs authentiques afin qu’il soit plus homme, cohérent dans sa vie et utile par son service dans la société et dans l’Église.

L’Évêque a été ainsi amené à mettre un accent tout particulier sur l’attention à apporter à la formation des enfants et des jeunes, en commençant dès le bas âge (à l’école maternelle et primaire), en passant par l’adolescence pour former des “hommes” (humanités ou école secondaire) et en poursuivant cette formation à l’âge adulte (au niveau supérieur et universitaire) pour arriver à la pleine maturité.

De cette manière, on peut espérer réussir la lutte contre les antivaleurs en apprenant aux enfants et aux jeunes des vraies valeurs humaines et les vertus chrétiennes, les préparant ainsi à la responsabilité de demain dans la cité et dans l’Église.

Encouragé par les directives de l’Église en général et singulièrement celles de l’Épiscopat du Congo, le diocèse de Lisala se rend de plus en plus compte de la nécessité qu’il y a à asseoir solidairement ses moyens matériels et financiers.

C’est dans ce but qu’il a commencé depuis août 1997 une grande campagne de sensibilisation des fidèles à la bonne et ancienne pratique chrétienne longtemps oubliée : la DÎME, afin de soutenir l’Église dans ses membres et ses œuvres. L’Évêque a publié une lettre pastorale “Mpako ya Eklezya” (l’impôt de l’Église) pour donner des lignes de conduite à cette opération qui doit devenir pour le Diocèse une habitude, une tradition à respecter chaque année.

C’est par l’impôt de l’Église que le diocèse donne sa contribution annuelle aux Œuvres Pontificales Missionnaires : Propagation de la Foi, Œuvre de Saint Paul Apôtre, Enfance Missionnaire.

La situation financière et matérielle très fragile du diocèse, conséquence de la profonde crise socio-économique du pays, ne lui permet pas de s’acquitter de sa mission et de soutenir la population. Nous relevons quatre défis majeurs les plus délicats :

1. La formation : pour plus d’efficacité de la pastorale, la spécialisation s’avère nécessaire non seulement par des études théologiques et philosophiques, mais aussi dans les domaines dits profanes.

2. Les écoles : le niveau intellectuel des élèves baisse de plus en plus. Les causes en sont multiples :

- Certains parents ne comprenant pas le bien-fondé des études, soutiennent difficilement leurs enfants.

- Le manque d’effort de la part de certains élèves qui veulent réussir par la tricherie parfois systématisée et organisée.

- L’inconscience professionnelle de certains éducateurs qui ne prennent pas au sérieux leur travail.

- Enfin, même si l’État devait apurer les arriérées des salaires, l’instabilité politique qui se poursuit ne favorise pas un engagement consciencieux.

Le diocèse s’engage à poursuivre sa mission évangélisatrice en formant les hommes et les femmes, les consciences et en continuant l’éducation civique pour une culture de l’excellence.

3. La santé : l’action du diocèse en ce domaine est indubitable. Le diocèse compte 35 formations médicales gérées par le B.D.O.M. Au moment où l’approvisionnement des centres de santé en médicaments demeure un véritable problème, la vague des pillages du 30 avril et de mai 1997 est passée dans la pharmacie diocésaine, les hôpitaux et les centres de santé. La formation en médecine dans les jours qui viennent s’avère indispensable.

4. « Justice et Paix » : devant la violation des droits humains, le diocèse par sa commission « Justice et Paix » se propose de former et d’informer les fidèles sur les principes fondamentaux des droits de l’homme et les mécanismes devant rendre la justice et la liberté par des moyens pacifiques.

C’est en synergie que nous construirons notre diocèse. Que chacun donne le meilleur de lui-même pour qu’en responsables éveillés nous puissions participer tous à l’amélioration de la situation matérielle et spirituelle de notre diocèse.

« Il est temps de nous réveiller » (Rm 13,11b). Que cette belle parole de Saint Paul et reprise par nous, vos Évêques, puisse réellement vous réveiller et réveiller aussi vos potentialités. (Mgr NKINGA Louis).

Faire de notre Diocèse une vraie famille des enfants de Dieu est l’enjeu qui se présente à nous. En Octobre 1996, Mgr l’Évêque livre quelques considérations générales à près sa première tournée pastorale Les merveilles de Dieu, notre espoir. Et, à la suite de la session organisée par le diocèse du 10 au 13 novembre 1997 sur le thème “Église-Famille de Dieu”, S. E. Mgr Louis NKINGA a publié une lettre pastorale intitulée Ensemble construisons une Église-Famille de Dieu (Décembre 1997).

Dans ce document sont tracées les idées forces qui constituent pour ainsi dire des balises pour la famille de Dieu qui est à Lisala. Du 10 au 12 janvier 2000, le diocèse a organisé une session d’évaluation sur l’Église-Famille de Dieu, à l’issue de laquelle l’Évêque a publié la lettre pastorale Tolendendala o nzela ya botongi Eklezya-libota lya Nzambe (25 février 2000).

Dans sa lettre pastorale Paroisse, lieu de communion (le 1er août 2003), l’Évêque a rappelé, dans le sillage de ses enseignements sur l’Église-Famille de Dieu, le devoir de faire de chaque paroisse une maison de famille, une communauté d’amour.

Son Excellence Mgr Ernest Ngboko, clôture l’année jubilaire de la Miséricorde par une lettre pastorale intitulée « Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68.

Il veut, dans ce message, remercier le Seigneur pour tout ce qu’il a fait pour chaque fille et fils du diocèse, et confier à sa miséricorde infinie l’avenir du Diocèse.

Ces réflexions soulignent sa satisfaction concernant tout ce que chacun fait pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ dans le contexte difficile que passe l’Église particulière de Lisala.

Mgr  l’évêque insiste sur de nouveaux efforts à fournir par tous, pour relever les défis de la pauvreté, de la division, de l’exclusion et de l’incurie qui constituent encore des obstacles majeurs dans l’annonce de l’Évangile. Seule la miséricorde de Dieu peut aider à aller de l’avant et affronter les difficultés de la vie avec courage.    

 

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